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[Critique] La Belle et la Bête : une merveilleuse nostalgie

Puisque Disney a choisi d’adapter tous ses classiques en films, c’est au tour de La Belle et la Bête d’arriver dans les cinémas, même pas un an après la sortie du Livre de la Jungle (Jon Favreau) et avant Mulan (sortie en 2018). C’est évidemment un pari risqué à chaque nouvelle adaptation puisque le public est souvent très exigeant dans ces situations. Pour La Belle et la Bête, le réalisateur Bill Condon a accepté de relever le défi. Résultat des courses, bingo ! C’est gagné.

La trame du film est la même que celle du dessin animé de 1991. Elle suit logiquement la chronologie, à la manière d’un conte. Emma Watson incarne Belle, une jeune femme rêveuse et intelligente dont le papa est séquestré par une bête dans un château, dans le village d’origine de cette petite famille. Belle décide de se sacrifier et de prendre la place de son père. La Bête était autrefois un jeune homme vénal et égocentrique qui a reçu un sort et dont le destin n’est pas encore définitivement scellé. Le réalisateur Bill Condon et les studios Disney ont choisi de garder entièrement intacte l’histoire qui avait fait presque 4 millions d’entrées en France en 1992.

Histoire éternelle

Il aurait été risqué de remodeler entièrement le conte. Le changer, même qu’à moitié (comme fut l’erreur de Jon Favreau avec Le Livre de la Jungle) appelle un public plus difficile à reconquérir. Et garder cette œuvre telle quelle peut engendrer un résultat moins bon que les anciennes réalisations, et donc décevoir. Pourtant, cette dernière solution, choisie pour La Belle et la Bête, séduira le spectateur ! Et pour cause, Bill Condon met les bouchées doubles. Il semble s’être dit : « s’il faut copier-coller une histoire, assumons-le jusqu’au bout ». Les musiques sont les mêmes que celles du dessin animé de 1991. Les costumes sont principalement les mêmes, idem pour les coiffures, les décors, les couleurs, bref, rien n’a échappé aux mains de ce réalisateur rigoureux. Et cela va jusque dans le choix des acteurs ! Qui d’autre ressemble plus à Belle qu’Emma Watson ? Des cheveux jusqu’au bout des ongles, en passant par la forme du nez et évidemment leur voix, les deux jeunes femmes sont similaires. Gaston, le prétendant insupportable de Belle, est lui interprété par Luke Evans. Grand, brun, voix roque et musculature développée, il est celui qu’il fallait pour le rôle. Pour ce qui est de la Bête ou des objets parlants comme les incontournables Lumière ou Big Ben, c’est une surprise de voir qu’ils sont finalement bien réalisés. La motion capture (capteurs de geste accrochés sur un homme puis images développées sur ordinateur) et autres effets spéciaux arrivent à les rendre crédibles et agréables à regarder. S’ajoute à cela un travail extraordinaire sur la matière, rendant des personnages comme Plumette somptueux.

« Quel grand intérêt à voir ce film si tout est similaire au dessin animé ? » direz-vous.  En réalité, le film s’adresse surtout à un public déjà conquis par la version de 1991 ou à des spectateurs qui n’ont auparavant jamais plongé le nez dans l’univers de ce Disney. L’expérience du film offre de nouvelles émotions comparées au dessin animé. Voir des acteurs incarner aussi bien ces personnages emblématiques devient un plaisir inqualifiable. La réalisation de Bill Condon donne une grande claque au conte pour le dépoussiérer.

C’est la fête !

Et quelle manière de donner un nouveau souffle à cette histoire ! Le film est pétaradant, c’est un spectacle incroyable auquel assiste le public pendant plus de deux heures. Tout d’abord, il est indispensable de noter le travail fabuleux sur le son. Au-delà des musiques chantées qui rendent le film festif et littéralement sensationnel pour le spectateur, le moindre son rend plus intense chaque scène de cette réalisation. Dans des moments plus calmes et sombres, un simple grondement, un grincement de porte ou un craquement viennent affirmer l’atmosphère très lourde du château dans lequel Belle est emprisonnée. Mais l’effet inverse marche tout aussi bien : lorsque le quotidien au sein de cette grande demeure laisse place à un peu de joie et d’ondes positives, le moindre tintement devient mélodieux. Chaque bruitage a une signification et une importance, ce qui donne au film cet aspect très théâtral. Ces sonorités jouent un rôle capital puisqu’elles entraînent le public dans une valse inachevée aussi belle qu’intense tout au long du film.

A l’image, Bill Condon ne lésine pas sur la beauté des décors. Vastes prairies, grands paysages enneigés… Et parfois même, les éléments se déchaînent. On se retrouve alors face à des explosions ou à de voraces bourrasques de vent. Quand ce n’est pas la nature qui donne de sa personne, alors on rajoute des feux d’artifices, des explosions, des bâtiments qui dégringolent… Ce spectacle auquel assiste le public est aussi épatant grâce au nombre incalculable de figurants. Le travail fourni en amont de la réalisation est stupéfiant. Certaines scènes regroupent des dizaines et des dizaines de figurants dont chaque costume est unique et ensemble, ils chantent et dansent avec une synchronisation parfaite. S’ajoutent à cela une palette de couleurs indomptable ainsi que les robes subjuguantes de Belle qui forment la cerise sur le gâteau d’un film explosif et ravissant.

Conclusion : coup de jeune pour l’un des contes les plus connus et un des plus gros succès des studios Disney. C’est un plaisir énorme de retrouver ces personnages aussi bien incarnés dans un cadre travaillé de A à Z avec la plus grande attention possible. Emma Watson est, sans surprise, fabuleuse dans ce rôle. Le risque d’avoir voulu tenir un spectacle grandiose pendant près de deux heures est le quart d’heure de trop, au milieu du film. Un petit passage à vide qui contraste trop avec le reste de la réalisation. Pour apprécier au mieux cette adaptation, il est très important de privilégier une salle de cinéma avec une bonne qualité sonore. Majestueuse adaptation de La Belle et la Bête.

La Belle et la Bête
Un film de Bill Condon
Sortie le 22 mars 2017

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