[Critique] Les Ardennes : Frère de sang et sang de frère

La Wallonie s’incruste sur les écrans hexagonaux. Robin Pront, jeune réalisateur du Plat pays, amène son spectateur en forêt. Pas n’importe laquelle. Celle des Ardennes. Le film éponyme suit deux frères. L’un sort de prison, l’autre tente tant bien que mal d’échapper au sort qui lui est destiné. Sombre et sans prétention Les Ardennes pourrait bien révéler son jeune cinéaste. Silence Moteur Action a suivi les autruches jusqu’aux bois et n’en est pas revenu indemne.

Caïn et Abel, Romulus et Remus, maintenant les frères De Swaef. Les luttes fratricides inspirent les récits, particulièrement Les Ardennes. Et même le cinéma flamand. Au Plat pays, Kenneth écope d’une peine de prison pour un cambriolage qui tourne mal. Fidèle en amour, il ne balance ni sa fiancé, ni son frère cadet Dave. Sans regrets. Il sort du mitard quatre ans après, voulant rattraper le temps perdu. Sa copine l’a largué et refait sa vie, bien loin de la drogue et du crime. Son frère essaie aussi de son côté. Pas de veine, les liens du sang sont plus forts que toute la volonté du monde. Surtout quand on fait un bébé à l’ex fiancée de son frère.

Glauque? Si peu. Robin Pront sait en tout cas y faire. Et quoi de mieux que la forêt des Ardennes pour mettre en scène ce conflit entre frangins ? Les bois tristement célèbres n’apparaissent qu’en seconde partie de film. En même temps qu’une violence physique digne d’un Tarantino. La première se déroule en ville, lieu de perdition et de brutalité pour ces deux frères. Le bar, la boîte de nuit… Même le lieu de travail de Dave devient, a l’arrivée de son frère, un endroit empli de violence. Une violence qui prépare l’arrivée des Ardennes.



Robin Pront plonge ses personnage dans une forêt inspirée d’un Nicolas Winding-Refn. Sombre, latente, n’attendant que les Hommes pour faire couler le sang. Dans ce cas-là, les autruches sont aussi de la fête. Pront utilise sa caméra de façon tarantinesque, passant du malsain à l’absurde aussi vite qu’une pinte dans un bar. À la manière des contes de notre enfance, il amène ses « héros » dans les bois où traînent les vilains loups. Au public français d’emprunter au petit poucet ses miettes de pain et suivre les frères De Swaef dans Les Ardennes.

 

Les Ardennes : de Robin Pront.
Avec Jeroen Perceval, Kevin Janssens et Veerle Baetens.

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