[Annecy 2017] Nous, moches et méchants

Au programme de notre troisième journée au Festival d’Annecy, plusieurs poids lourds de la sélection de cette édition : le très attendu Loving Vincent (ou La passion Van Gogh en version française) et l’avant-première de Moi, moche et méchant 3. D’autres comme Animal Crackers ont suscité la déception ! Nous avons également fait quelques rencontres, et interrogé Marge Dean, la co-présidente du groupe Women in Animation, qui a organisé cette année le premier sommet international réservé à l’implication des femmes dans le secteur, mais qui portait tout autant sur la diversité dans le story-telling et les équipes techniques de grands studios. L’occasion de revenir sur sa carrière et ses diverses inspirations. L’ensemble de cet entretien sera à retrouver très prochainement sur Silence Moteur Action…

Animal Crackers : les biscuits du fond du placard

La famille Huntington tente d’entretenir son héritage : un cirque rendu célèbre pour ses nombreux numéros animaliers… Mais Owen n’a pas les mêmes facultés et connaissances que son oncle Buffalo Bob, et a par conséquent du mal à relancer l’affaire. Tout cela jusqu’à ce qu’il découvre une boîte de biscuits magiques : ils permettent à quiconque en mange un de se transformer en l’animal de son choix ! Les biscuits attirent cependant la convoitise du deuxième oncle d’Owen, rival de Buffalo Bob…

Malgré un pitch plaisant sur le papier, Animal Crackers manque cruellement d’audace. La plupart de ses gags sur un humour pipi-caca vraiment (très) bas, qui ont majoritairement fait un flop dans la salle. La faute également à une esthétique en deçà des grosses productions habituelles : serait-ce une question de format ? La copie laissait une très forte impression d’inachevé, avec par ailleurs des sous-titres français honteux bourrés de fautes. Une telle négligence pour un film en compétition ne devrait pas être tolérée dans un événement de ce genre. Il est d’autant plus étonnant de voir au casting des pointures telles qu’Emily Blunt, John Krasinski, Ian McKellen ou Sylvester Stallone, qui ne sauvent malheureusement pas l’intrigue. Animal Crackers n’a pas encore de date de sortie connue en France (et tant mieux, dans un sens !).

Somptueux et énigmatique Van Gogh

Loving Vincent et son équipe ont profité d’une standing ovation d’une dizaine de minutes lors de sa première projection au cours du Festival : le film fait d’ores et déjà partie des grands favoris de la compétition… et il mériterait amplement un prix tant l’envergure du projet est importante. Tourné en prises de vues réelles avec des acteurs tels que Douglas Booth, Saoirse Ronan et Aiden Turner, Loving Vincent a pour ambition de baser chacun de ses plans sur l’une des toiles de Van Gogh : plus d’une centaine de tableaux ont ainsi été utilisés pour faire renaître les paysages immortalisés par le peintre, mais également les personnages qu’il a pu côtoyer. Chaque plan est ensuite animé de manière à retrouver l’esthétique précise de l’artiste.

Le film entend retracer les dernières semaines du peintre jusqu’à sa tentative de suicide qui, malgré son échec, le laissera agoniser des jours durant jusqu’à son décès. L’intrigue prend ainsi la forme d’une enquête menée par Armand Roulin (Douglas Booth, Pierre Niney en version française), de multiples fois peint par Van Gogh. Loving Vincent prend davantage la forme d’un biopic, où chaque personnage raconte ses souvenirs vécus avec le peintre. Les flashbacks en noir et blanc s’accumulent et apportent de nouveaux éléments sur la vie de Van Gogh, qui ne manquent pas d’apporter des contradictions sur certains sujets, voire les conditions de sa mort elle-même. Malgré la splendeur visuelle du film, le procédé des flashbacks devient légèrement redondant et finit quelque peu par lasser, à cause d’un certain didactisme dans la forme. La Passion Van Gogh (Loving Vincent), en salles le 11 octobre 2017.

Frères, moches et méchants !

La journée s’est conclue par l’avant-première de Moi, moche et méchant 3. Une séance haute en couleurs joliment organisée par le distributeur du film, Universal, qui a offert quelques goodies à tous ses spectateurs… et les a incités à envoyer tout plein d’avions dans la salle. On a sûrement battu le record d’avions en papier arrivés sur la scène lors de cette séance ! Pierre Coffin et l’équipe d’Illumination Entertainment étaient de retour pour présenter ce nouveau volet, davantage centré sur les rapports entre Gru et… son frère jumeau caché, Dru.

Les Minions gagnent leur indépendance après avoir eu droit à leur spin-off (par ailleurs projeté en plein air après le film) : les petits monstres jaunes se font moins présents mais ont tout de même droit à leurs petits moments de gloire délirants, désormais obligatoires dans la franchise. L’équilibre est rondement mené entre ces parenthèses, les relations entre Gru, Lucy et les Filles, ainsi que l’intrigue principale. Comment réagir en découvrant un membre caché de sa famille ? Gru en apprend bien plus sur ses parents. Lui et Dru sont le yin et le yang (littéralement) : le premier est grincheux comme pas possible, le second ultra-rigolard et gaffeur. Mais un ennemi gâche leur réunion de famille : Balthazar Bratt, un ex-enfant star qui n’a pas supporté d’être rejeté par Hollywood après sa puberté. Un méchant ouvertement kitsch, tout autant drôle et attachant. Les fans de la franchise seront à nouveau ravis, à n’en pas douter… Moi, Moche et Méchant 3. En salles le 5 juillet 2017.


Vous avez manqué le compte-rendu de la veille ?


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