[Annecy 2017] Big Fish and Begonia

« Annecy, Annecy, c’est le plus beau de tous les festivaux ! » A peine une journée écoulée, et la petite chanson de présentation du festival reste inévitablement en tête. Les séances à Annecy, c’est autre chose ! Des avions en papier virevoltent dans les salles jusque sur la scène, l’ambiance est beaucoup plus détendue et bon enfant. Qui pour lancer un petit avion au Grand Théâtre Lumière lors de la prochain édition du Festival de Cannes ? On tiendra les paris. Pour cette seconde journée, une seule découverte cinématographique : l’époustouflant Big Fish and Begonia. Nous en avons également profité pour assister à quelques conférences, et pas des moindres : la conversation avec Guillermo Del Toro, très attendue, était le plus grand événement de la journée !

Petit poisson au grand cœur

En Compétition officielle, Big Fish and Begonia s’est imposé comme l’une de nos premières surprises majeures du festival. Le film suit la jeune Chun, un être céleste qui doit s’occuper des bégonias. À ses 16 ans, elle est envoyée dans le monde des humains sous la forme d’un dauphin afin d’accomplir son rituel de passage à l’âge adulte. Kun, un humain, lui sauve la vie, mais perd alors la sienne. Avec l’aide de son ami Qiu, elle essaie de ranimer l’esprit de Kun afin de le remercier de l’avoir sauvée.

Le monde divin créé par Xuan Liang et Chun Zhang se voit peu à peu menacé par les tentatives de Chun : les humains ne sont pas censés avoir de contact direct avec les dieux. La splendeur de ce monde, où la nature reprend peu à peu ses droits en produisant des cataclysmes de plus en plus importants, contraste avec le monde des humains, marqué par la violence. Après Chun, c’est à Kun d’apprendre à vivre sous la forme d’un poisson. Big Fish and Begonia, c’est avant tout une belle histoire d’amour. Chun doit affronter les siens pour mener son existence comme elle l’entend, et apparaît comme un personnage féminin profondément fort et indépendant. En témoigne ce délirant triangle amoureux, entre Chun, l’humain qu’elle tente de sauver et son meilleur ami Qiu, qui malgré ses tentatives reste relégué dans la friendzone.

Les quelques longueurs du film sont très aisément balayées par la somptueuse esthétique du long métrage et sa poésie. Big Fish and Begonia nous aura même fait verser quelques larmes ! Le film n’a pas encore de date de sortie connue en France : espérons que le Festival lui offrira un distributeur !

Rencontre avec Guillermo del Toro

14h : L’Imperial Palace Hotel voit ses couloirs surchargés (mais aussi surchauffés). La raison ? La masterclass de Guillermo del Toro. Venu pour promouvoir sa série Trollhunters, disponible sur Netflix, le réalisateur a également parrainé l’édition du Mifa Campus, destinée à l’accompagnement des étudiants et jeunes professionnels. Il est ainsi revenu sur ses premiers pas dans l’animation : du stop-motion, qu’il effectuait avec une caméra en Super 8 image par image. Del Toro a fondé un studio destiné à la production de stop-motion pour des publicités, mais également pour les effets spéciaux de son premier film, Chronos.

Par manque de patience pour le genre, il estime l’avoir abandonné avant de s’y réintéresser peu à peu : « Au fil des ans, mes films contenaient beaucoup plus d’animation comme les 45 minutes de Pacific Rim que j’ai réalisé. […] L’animation convient particulièrement à la fable et à l’émotion. Les formes et les couleurs permettent d’accomplir des choses que l’on ne peut faire en dirigeant un acteur. Je voudrais réaliser un film d’animation qui soit quelque chose de particulier et jamais vu. » Le réalisateur a également évoqué le projet de reboot de Hellboy, pour lequel il estime n’avoir aucune rancœur. Il a même souhaité bonne chance à son successeur Neil Marshall et à l’acteur David Harbour pour ce projet !

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